VIDÉOS. Le deuxième album du collectif, "Vieux Frères - 2", sort lundi. Plus posé, plus lyrique mais toujours aussi poignant. Rencontre.

Publié le 11pro Trx 40 Adipure B017rmp9v8 Adidas Eu Fg Hommes Footballshoe Kc5TlJu13F | Le Point.fr
S'ils apparaissent à visage découvert sur scène, les membres de Fauve ne veulent pas être photographiés ni filmés. © Samuel Kirszenbaum

Ils ont créé ≠ FAUVE pour ne pas mourir asphyxiés par la routine, ils sont venus à la musique comme on monte au front, en urgence, par nécessité de faire la nique au quotidien. Ils ont la plume toujours (en) alerte, le verbe encore plus mystique. Ils ont toujours foi en leur amitié, en leur anonymat, en leur approche qui tient de l'artisanat. Dix-huit mois après un premier EP sous forme d'uppercut, le blizzard s'est déchiré pour laisser place aux hautes lumières - pour reprendre leurs mots. Ce n'est pas anodin : débarquer dans le paysage avec des morceaux titrés "Kané", "Saint-Anne" ou "Blizzard" et boucler la boucle avec un dernier baptisé "Les hautes lumières"...

Dans Vieux Frères - Partie 2, qui sort lundi, dans ce deuxième volet met le mot fin à la première vie de Fauve - et on ne peut jurer de quoi sera faite la seconde, les textes sont plus chantés que ce à quoi ils nous avaient habitués, il y a des cordes, des arrangements, des percussions - bongos et xylo. Mais Fauve reste ce qu'il est, c'est-à-dire sincère, lyrique, à fleur de peau, la dignité comme maître mot ; plus lumineux certes, mais toujours aussi cru, aussi lucide quant à la vie qui peut être chienne, quant aux mesquineries qui, toujours, menacent. Et farouchement décidé à ne céder en rien, à braconner les mots justes pour avancer jusqu'à la sortie du tunnel.

Faut-il le rappeler ? L'année dernière, ils ont écoulé près de 150 000 exemplaires de leur premier album, autoproduit - l'histoire dit qu'au début, avant qu'ils ne s'accoquinent à un distributeur, ils allaient eux-mêmes livrer les cartons à la Fnac... Droits dans leurs bottes, ils ont refusé de concourir aux Victoires de la Musique. Parce qu'ils ne montrent leur visage que sur scène ou en frayant avec leur public, et parce que concourir, c'est pas trop leur truc à Fauve, c'est même tout le contraire de leur message. Chez eux, les garçons sont des "frères", les filles "les belles", et le public "la famille". Et ce n'est pas une pose, plutôt une façon de faire un doigt d'honneur à l'individualisme ambiant. Ils sont une trentaine à graviter dans la galaxie. Nous avons rencontré le noyau dur, en pleine répétition pour les scènes à venir. Interview.


Le Point.fr : Quelle était votre intention de départ en composant cette deuxième partie ?

≠ FAUVE : 7in Black Women For Short Asics Running Trousers TK1lJcFContinuer à raconter ce qu'on vivait. L'idée est toujours de faire des chroniques, d'écrire les différents chapitres de ce qu'on vit. Mais on voulait allez au fond du truc, quitte à ce que ce soit plus barré, plus fou. On avait en tête l'exemple de MGMT, ils ont fait cet album dingue avec plein de tubes (Oracular Spectacular, NDLR) puis un suivant complètement psychédélique. Ils ont creusé, ils sont allés assez loin et ont fait quelque chose de différent... On avait ça en tête, tout en étant conscient qu'il ne fallait pas tomber dans le piège de faire compliqué pour faire compliqué.

L'album sonne plus joyeux que le précédent...

Un peu plus, carrément. On a grandi, on est plus apaisés. Mais du coup, quand on a sorti un titre comme les "Hautes Lumières", positif du début à la fin, beaucoup au sein de notre entourage ont pensé que c'était risqué. Ce qui a fédéré autour de Fauve, c'est le côté acerbe, l'équilibre entre dénoncer quelque chose pour après se tourner vers de l'espoir. Or, dans ce titre en particulier (ou dans d'autres comme le très réjouissant "Tallulah", NDLR) on ne dénonce rien... Bon, on ne ressent pas non plus une crainte gigantesque, à partir du moment où on est contents de nous, on sort le titre, mais il y a une légère appréhension : est-ce que des gens vont penser qu'on se fourvoie, qu'on commence à vieillir ?

Reste que beaucoup de morceaux sont encore très sombres...

Oui, il y a toujours des titres très ancrés dans la réalité, hyper bruts, mais on a réussi à faire des textes beaucoup plus lyriques. Et pas seulement en termes d'écriture mais aussi en termes d'interprétation et d'instrumentation. On a essayé des choses qu'on n'avait pas faites, des choses qu'on n'avait pas explorées. Mais il ne faut pas se leurrer : notre premier EP date d'il y a 18 mois, notre premier album, d'il y a un an. Il n'y a donc pas d'évolution radicale.

La façon d'écrire a-t-elle changé ?

Non. Il s'agit toujours d'agréger des pensées collectives pour les exprimer par le "je". L'un de nous centralise tout ça, celui dont l'écriture est l'instrument en somme. Mais c'est un travail de scribe, de greffier, d'où le côté collectif parce que les sources sont plurielles. Ça, ça n'a pas changé. Mais la volonté sur ce deuxième disque était de faire quelque chose de plus... comment dire... Notre premier EP puis la première partie de Vieux Frères étaient très chroniques, très prosaïques avec quelques côtés un peu mystiques parce qu'on est comme ça, mais là, on est allés plus loin. Notre référence, c'était Ginsberg, Kerouac ou Scott-Heron : des mecs qui arrivent à mélanger le prosaïque et le sacré. On a voulu aller dans ce sens, mélanger le brut, les onomatopées, le narratif, des mots épars, du sacré et obtenir un résultat homogène. Introduire un peu plus de folie, de mysticisme.

Certains commentaires de vos fans vont loin dans l'exaltation, il y en a même pour affirmer que vous les avez sauvés du suicide... Comment réagissez-vous par rapport à cela, vous sentez-vous une responsabilité par rapport au public ?

On voit cela comme un effet collatéral. C'est un truc qu'il faut gérer, qui met la pression, mais qu'on ne recherche pas. On refuse donc d'endosser une quelconque responsabilité. Fauve a été créé pour avoir un espace d'expression totalement libre, ce serait donc la pire des contraintes que de se sentir responsable, car après on s'autocensure, tu ne t'accordes plus le droit d'être faillible, tu dois faire attention à tout ce que tu écris... Alors on ne garde que le positif, le fait d'avoir apporté de la joie à quelqu'un.

Il y a des personnes qui adhèrent entièrement au projet Fauve et qui ont une certaine fragilité - c'est d'ailleurs sans doute pour cela qu'ils y adhèrent. Mais, de manière générale, la question de savoir comment les gens vont réagir est une question nouvelle, qu'on ne se posait pas il y a deux ans. Mais, encore une fois, on essaie vraiment de chasser tout ça. C'est pour ça qu'on enregistre en autarcie. On ne pourrait pas, par exemple, avoir un studio en plein Hylton Et Chaussures Femme Adidas Homme 4A3L5RjParis, ou en banlieue. On a besoin de s'isoler, de se couper du quotidien.

Pourriez-vous écrire sur les événements du mois dernier, sur Charlie Hebdo ?

Fauve n'est pas le lieu. On n'a jamais essayé d'avoir un propos universel ou généraliste, le truc ne concerne que des aspects concrets de nos vies ou de celles de nos proches. C'est d'ailleurs pour ça qu'on trouve dingue que ça ait touché autant de gens. Aujourd'hui, ça ne nous ressemblerait pas d'avoir un propos général, politique, engagé, militant. On ne s'interdit rien, mais notre engagement est individuel. On essaie de se battre pour faire du bien autour de nous, mais on n'aspire pas à influencer un système, une politique, une société. Ce qu'on pourrait faire, en revanche, c'est évoquer ce qui découle de tout cela, et particulièrement le rassemblement, au travers du ressenti d'un narrateur.

Vous évoquiez Ginsberg et Kerouac. N'êtes-vous pas tentés par une autre forme d'écriture que la chanson ?

Non. On n'imagine pas écrire sans le support musique derrière. Ce n'est pas notre vecteur. D'ailleurs, à la simple lecture, certaines de nos chansons passent à peu près, mais d'autres pourraient apparaître comme bien pourries. Ce n'est pas notre créneau, la littérature. Orelsan sait écrire de bons textes, Grand Blanc aussi, ou encore Feu Chatterton... Mais pas nous. Et quand on nous demande notre avis sur des textes, on ne sait pas quoi dire. C'est très difficile d'être touché par un texte. Et puis, on est qui pour donner notre avis ? C'est quoi notre légitimité ?

Votre légitimité vient du fait que vous avez touché des centaines de milliers de gens. Et vous vous décrivez comme un collectif ouvert....

Peut-être, mais lorsque des gens nous disent, par exemple, "J'ai écrit une chanson, je ne connais personne pour la chanter, elle est pour vous", on a envie de répondre : "Mais fais ! Et demande à tes amis de faire !" On a appris à faire ce qu'on fait pour pouvoir le faire ensemble. Toute la démarche de Fauve, de ce groupe de potes, vient de là. Ça aurait pu être n'importe quoi d'autre que la musique. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a eu l'impression d'arriver comme des chiens comme dans un jeu de quilles. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui encore on se dit : il y a nous et les autres artistes.

Votre succès tient aussi à une fulgurance, une énergie. Après 150 dates, arrivez-vous encore à tenir cette "hargne" et à vous surprendre ?

Oui, d'autant que beaucoup de choses restent encore très nouvelles pour nous. Les festivals devant des dizaines de milliers de personnes, on ne pensait pas en être capables ! Et puis on essaie de créer les conditions pour ne pas rentrer dans une routine. C'est pour ça qu'on fait les Nuits Fauves (des artistes invités, des stands divers et interactifs, etc., NDLR). On veut continuer à creuser, à faire des trucs différents. Et sur scène, tout va changer, la scénographie, le nombre de personnes, la façon de jouer les morceaux. On s'arrêtera peut-être lorsqu'on n'aura plus rien de nouveau à proposer.

Avez-vous été approchés par des labels pour ce deuxième album ?

Non, parce que les choses ont été posées clairement dès le premier. Mais, effectivement, ça aurait été plus facile. Là on investit notre argent, celui qui nous permet aussi de payer notre loyer. Alors on ne fait pas de campagne d'affichage 4 par 4 dans le métro, pas d'achat de mots clés sur Google, pas de marketing, on n'a pas de manager... Tout ça fait que le projet est très difficile à tenir en termes de rythme, très violent, et que, clairement, ce n'est pas la manière optimale pour vendre des disques. Mais notre ambition n'a jamais été celle-là, donc... Et puis, en termes de création, avoir un label n'aurait rien changé, car tout ce qu'il aurait pu mettre à notre disposition - un vrai studio, de meilleurs instruments... - aurait été du luxe et du superflu.

Vous arrivez encore à tout contrôler ?

Ce qui nous dépasse, c'est la résonance du projet, pas la manière de fonctionner. Plus on avance, plus c'est facile de contrôler les choses, car tu es plus légitime pour le faire, t'as plus de poids pour rester droit dans ton truc, pour pas dévier. À l'époque, quand on a commencé à "buzzer" et que des magazines se sont intéressés à nous, quand on a accepté des interviews mais qu'on a signifié qu'il n'y aurait pas de séance photo, on sentait bien, parfois, que les gars pensaient : "Mais pour qui vous vous prenez ?" À l'époque, c'était dur, mais dès que ça a pris de l'ampleur, c'est devenu plus facile de ne pas faire de compromis.

Vous ne pouvez pas revenir en arrière aussi, vous vous êtes construits là-dessus ...

Indépendamment de cette question-là, c'est plus facile de faire ce qu'on veut. L'autre exemple, c'est le prix de notre disque : notre édition de luxe est à 13 euros. Au début, ça a été compliqué de l'imposer aux distributeurs, plus maintenant. En fait, dans un projet comme Fauve, la forme est aussi importante que le fond.

Et la suite ? Vous écrivez en ce moment ?

Pas beaucoup, non. Et l'avenir, c'est encore hyper flou. Ça peut passer par plein de trucs : musique de film, réalisation de courts-métrages, produire d'autres artistes... Ou rien de tout ça, quelque chose de pas artistique : ouvrir un bar ensemble, voyager... Ça peut être tout et n'importe quoi, ce qui est agréable, c'est d'avoir toutes les possibilités ouvertes.

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